Conférence des présidents

Troisième conférence des Présidents des groupes parlementaires – “Vers une Europe progressiste”

Les Présidents des groupes parlementaires se sont rencontrés à Berlin pour la troisième conférence de #ProgressiveEurope, sur invitation du groupe SPD au Bundestag


#ProgressiveEurope | @JacobUndAlex


La conférence a offert une plateforme pour des échanges enrichissants sur une série de thèmes d’actualité, ainsi qu’une occasion de développer les réseaux entre les sociaux-démocrates et les socialistes des parlements nationaux de l’Union européenne.


Le premier jour, la conférence a débuté avec un discours d’ouverture de Thomas Oppermann, Président du groupe parlementaire SPD (Parti social-démocrate d’Allemagne) au Bundestag et hôte de la conférence. Oppermann a dressé la liste des défis auxquels l’UE doit actuellement faire face et a invité les forces progressistes à s’engager pleinement sur le chemin d’une Europe plus solidaire et plus juste. Suite à l’introduction d’Oppermann, les discussions ont porté sur la conduite à tenir face au populisme, lors d’une première session de travail intitulée “Les partis progressistes à l’heure de la montée du populisme”. La secrétaire générale du SPD, Katarina Barley, a informé les participants du climat actuel dans les rangs des sociaux-démocrates allemands, et en particulier de l’évolution positive constatée depuis la nomination de Martin Schultz en tant que candidat à la chancellerie. Barley a elle aussi souligné la nécessité d’adopter une conduite assurée vis-à-vis des puissances passéistes en Allemagne et en Europe. Selon elle, les sociaux-démocrates doivent regarder avec fierté ce qui a déjà été accompli, et avant tout faire avancer une politique qui renforce la cohésion et prend en compte les problèmes des gens.

Au cours de la conférence suivante, Andreas Schieder, Président du groupe parlementaire du SPÖ (Parti social-démocrate d’Autriche) au Conseil national d’Autriche, a exposé les manières de procéder des partis et des mouvements populistes. D’après lui, la stratégie des populistes consiste habituellement à prétendre avoir l’exclusivité en matière de représentation des préoccupations de la population, et à affirmer être les véritables représentants du peuple, à l’inverses des pouvoirs dits établis. Pourtant, ils entraînent en réalité la division de la société et définissent le “peuple” par l’exclusion de minorités. Schieder a ensuite abordé l’élection du président fédéral d’Autriche Alexander Van der Bellen, ainsi que les dynamiques positives portées par le nouveau chef du parti Christian Kern.

L’ordre du jour mentionnait ensuite la présentation rapports nationaux. Chaque délégation a rapidement esquissé la situation politique de son pays. Des similitudes très claires sont alors apparues dans les défis que de nombreux États européens doivent relever, à savoir la recrudescence des mouvements nationalistes, les efforts pour encourager une croissance économique durable et profitable à tous, ou encore les questions soulevées par l’accroissement des dynamiques migratoires. Lors de la prolongation de la session de travail pendant le dîner, le Président du groupe parlementaire socialiste, écologique et républicain à l’Assemblée Nationale française, Olivier Faure, a tenu un discours sur la situation en France. Au cours de cette intervention, il a évoqué en particulier l’élection présidentielle à venir, marquée jusqu’alors par une exceptionnelle imprévisibilité. À travers des pronostics sur les chances de victoire des différents candidats en perpétuelle évolution, cette élection décisive pour le futur de l’Europe a développé une dynamique propre difficilement mesurable.

Le lendemain, Stavros Theodorakis, fondateur du parti To Potami et président de son groupe parlementaire au parlement grec, a rejoint la conférence et présenté la situation actuelle en Grèce. Grâce à la grande expérience de la Grèce vis-à-vis des acteurs populistes, Theodorakis a pu fournir quelques observations très intéressantes. Il a conclu en rappelant que le défi de la crise des réfugiés ne pourrait pas être surmonté par la Grèce seule, et a donc appelé ses collègues à travailler ensemble à une solution européenne.

Figurait à la suite du programme une seconde session de travail, intitulée “Vaincre les inégalités et créer des sociétés plus justes : le futur de l’UEM (Union Économique et Monétaire)”. Marcel Fratzscher, Président de l’Institut allemand pour la recherche économique (DIW), a tenu un discours sur ce thème. Il a fait le constat de l’augmentation des inégalité sociales dans de nombreux pays européens, dont l’Allemagne. L’économiste a identifié le manque de mobilité sociale et d’égalité des chances comme cause principale de ce phénomène. Selon lui, les inégalités sociales ont de graves conséquences économiques et doivent être combattues par la politique, et ce afin d’éviter que le contrat social ne se fissure davantage.

L’orateur suivant, Alex Bodry, Président du groupe parlementaire du LSAP (Parti ouvrier socialiste luxembourgeois) au parlement luxembourgeois, est intervenu sur des questions sociales et de politique économique. Il a estimé qu’il y avait un besoin évident d’ambitions politiques, mais qu’un certain pragmatisme dans l’élaboration de solutions était nécessaire.

Suite à un vif débat, la troisième session de travail “Vers une nouvelle architecture de la sécurité européenne” s’est focalisée sur des thèmes relevant de la politique de sécurité. Raphael Bossong, expert de la politique de sécurité européenne au sein de la fondation allemande Science et Politique (SWP), a constaté qu’il n’existait aucune solution simple à la problématique de la lutte contre le terrorisme. Il s’agirait plutôt de développer des approches intégrées, pour lesquelles une collaboration étroite entre les États de l’UE dans le champ de la sécurité serait indispensable.

Meryame Kitir, Présidente du groupe parlementaire belge sp.a (Socialistische Partij Anders), a ensuite présenté la situation en Belgique, un pays ayant fait dernièrement de douloureuses expériences avec le terrorisme. Kitir a mis en garde de manière pressante contre le sacrifice inconsidéré des libertés individuelles au profit du renforcement des lois sécuritaires. Pour elle, de telles mesures sont contre-productives et déséquilibrent la relation entre sécurité et liberté.

Le résultat concret de la conférence des Présidents des groupes parlementaires est présenté dans un essai intitulé “Convergence, Investissement, Emploi : Vers l’accomplissement de l’Union économique et monétaire (UEM)”. Olivier Faure et Philip Cordery, député au parlement francais pour le Parti socialiste, ont présenté cette étude et souligné la double nécessité d’une vision à long terme et de réformes structurelles.


Ci-après, une capture vidéo de la conférence de presse avec Thomas Oppermann et Olivier Faure à la suite de la conférence :


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