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Les priorités de la Croatie au Conseil de l’Europe : entretien avec Domagoj Hajduković

Domagoj Hajduković, député au Parlement croate et à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, répond aux questions de #ProgressiveEurope


"Ensemble pour l Europe - Council of Euro" (CC BY-NC-ND 2.0) by Together4europe2012


Domagoj Hajduković représente le Parti social-démocrate de Croatie à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Dans cet entretien pour #ProgressiveEurope, il exprime ses priorités pour la prochaine séance de l’Assemblée à la fin du mois de juin et explique comment il souhaite améliorer la sécurité des demandeurs d’asile.


M. Hajduković, vous êtes devenu cette année un membre titulaire de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Comment qualifieriez-vous cette expérience ?

Je suis devenu membre du Conseil de l’Europe en mars 2016, d’abord en tant que suppléant, puis comme membre titulaire. Je considère mon adhésion à la délégation croate comme la suite logique à six années de travail dans le domaine des droits de l’homme au sein du Parlement national croate et d’appartenance au Conseil scientifique pour la paix et les droits de l’homme de l’Académie croate des sciences et des arts. Malheureusement, en raison de l’instabilité politique en Croatie (nous avons eu deux élections parlementaires l’année dernière et devons faire face à l’éventualité d’une troisième dans le courant de l’automne), je n’ai pas pu participer pleinement au travail de l’Assemblée. J’espère que cela changera bientôt.

Dans un mois, l’Assemblée se réunira de nouveau. Quels sont les sujets à l’ordre du jour qui vous importent le plus ?

Deux sujets seront au centre de mon attention au cours de la séance à venir : la corruption et l’immigration. Le combat contre la corruption sous toutes ses formes est un prérequis important pour avoir des institutions démocratiques fonctionnelles, et donc une démocratie qui fonctionne. Il figure également dans notre programme national. L’immigration et les droits humains des migrants sont des sujets particulièrement importants pour moi. Comme vous le savez, la Croatie est sur l’un des itinéraires migratoires vers l’Europe de l’Ouest, et j’ai donc pu être personnellement témoin de la détresse des réfugiés et des migrants. C’est la raison pour laquelle je trouve important de garantir aux migrants et réfugiés un traitement juste et humain, ainsi que de considérer tous les aspects, bons ou mauvais, de la crise migratoire.

Vous avez appelé l’Assemblée à étudier la possible existence de zones à risque extraterritoriales pour les réfugiés. Quelles sont vos préoccupation concernant cette question?

Les traversées périlleuses de la Méditerranée et les voyages sur les routes de migration terrestres en direction de l’Europe de l’Ouest conduisent souvent à des accidents mortels, à des séparations au sein des familles et à des actes de maltraitance. Puisque la plupart des migrants se rendent en Europe dans le but de déposer une demande d’asile, mon objectif est d’étudier les conséquences légales et politiques du fait de les autoriser à demander l’asile uniquement dans des pays qui les ont acceptés (par exemple la Turquie, le Liban, etc.). Ainsi, ils éviteraient un voyage dangereux et le risque d’être expulsés une fois leur destination atteinte.


Domagoj Hajduković est député au Parlement Croate et à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, où il siège à la Commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées ainsi qu’à la Sous-commission sur l’intégration.