Opinions Commerce

La régulation : une chance à saisir

Une contribution de Carsten Schneider


Timothy Krause


Les représentations de certains hommes et femmes politiques en matière de politique économique constituent un terrain favorable à la prochaine crise. A la tête du G20, l’Allemagne doit s’y opposer.


Les marchés ont besoin de règles. Le marché hebdomadaire a besoin d’une autorisation et les vendeurs d’une accréditation. Les consommateurs comptent sur le fait que les produits alimentaires soient de bonne qualité, que les légumes soient frais et que la viande et le poissons soient réfrigérés. Ces règles ne sont pas remises en cause pour le marché hebdomadaire – malheureusement, elles le sont constamment pour les marchés financiers. L’Allemagne occupe actuellement la présidence du G20. Or, le G20 a un rôle central à jouer pour surmonter les conséquences de la crise des marchés financiers et pour créer de meilleures règles à l’échelle mondiale. En particulier au cours d’une période durant laquelle même des États comme les États-Unis et la Grande-Bretagne reviennent à des solutions nationales. La croissance économique mondiale et le libre-échange sont importants pour garantir à tous plus de prospérité. Il doivent toutefois être accompagnés de marchés financiers plus sûrs, plus justes et bien surveillés. Cela ne peut fonctionner qu’avec des règles claires.

Lors de la réunion des ministres des finances du G20 ce jeudi, le ministre fédéral allemand des finances, Wolfgang Schäuble, devra s’assurer que trois points sont bien traités. Premièrement, le « rangement » des banques en Europe. Il y a encore trop de légumes avariés dans les bilans, et ceux-ci érodent les capitaux propres. Les établissement dans l’incapacité de survivre et dont le modèle économique n’est pas bon doivent quitter le marché.

Deuxièmement, l’aboutissement des initiatives du G20 déjà mises en route. Il s’agit notamment d’encourager un meilleur positionnement des banques pour l’avenir. Le comité de Bâle des banques centrales et des autorités de contrôle doit en ce moment remanier les règles bancaires (« Basel IV »). Le lobby bancaire proteste avec véhémence. Les banques veulent calculer elles-mêmes le niveau de risque qu’elles encourent, et parviennent à des résultats qui varient considérablement. Mais quelle valeur ont ces modèles, lorsque les calculs des risques peuvent être enjolivés et que les renforcements des capitaux propres restent vains ?

Troisièmement, la nécessité de faire avancer de nouvelles initiatives du G20. Lors du sommet du G20 en 2016, les chefs d’États et de gouvernements se sont engagés à mettre en œuvre rapidement les mesures de lutte contre les transferts fiscaux et les transferts de bénéfices. Suite aux « Panama Papers », ils ont également décidé de renforcer la transparence fiscale et l’identification des ayants droit économiques des entreprises. L’objectif est d’établir d’ici 2017 une liste noire des États non coopératifs ainsi que des possibilités de sanctions. Cette liste devrait maintenant voir le jour, en même temps que le combat contre les banques fantômes et les paris financiers sur les matières premières et les denrées alimentaires, ainsi que l’assèchement des canaux financiers du blanchiment d’argent et du terrorisme.

La solution, ce n’est pas plus de liberté pour Wall Street, comme le pense le Président Donald Trump, ni la menace du dumping fiscal, que brandit la Première Ministre Theresa May. Ils retirent ainsi aux États leur assise financière et alimentent la prochaine crise. Une fois de plus, ce serait ensuite aux petites gens de payer. Nous avons besoin de meilleures règles internationales.

 


Carsten Schneider est membre du Bundestag allemand depuis 1998 et vice-président du groupe parlementaire de la SPD, responsable du budget, des finances et de l’Euro.

Cet article est paru précédemment dans le Handelsblatt.