Conférences des Présidents Communiqué de presse

Conclusions de la première conférence des Présidents de groupes parlementaires

La première conférence rassemblant les présidents des groupes parlementaires européens a eu lieu à Rome




Pour la toute première fois, nous, les présidents des groupes parlementaires nationaux des partis progressistes de l’Union européenne, nous sommes réunis à Rome pour exprimer notre engagement en faveur de changements progressistes dans nos pays et en Europe et pour renforcer la coopération et la communication entre les dirigeants des différents groupes sociaux-démocrates des parlements nationaux. Il s’agit d’une initiative prise par le Parti démocrate italien en coopération avec le Parti social-démocrate allemand et à laquelle se sont immédiatement joints les groupes autrichien, français, suédois, hongrois et luxembourgeois du PES.

Nous réaffirmons notre objectif suprême de mettre tous les Européens en état de jouir d’une vie de qualité et de prendre pleinement part à la vie sociale. Il faut que les citoyens européens voient une véritable différence positive dans leur vie quotidienne, et ce, pas dans cinq ou dix ans, mais maintenant. L’objectif de notre famille politique reste le plein emploi.

Notre responsabilité commune est de faire de l’Union européenne un acteur de la justice sociale, de la croissance, de l’intégration et de la démocratie. En tant que membres du PES, en tant que dirigeants de nos groupes parlementaires dans les assemblées respectives, nous mettrons tout en œuvre pour y parvenir. Nous continuerons à lutter pour une Europe sociale, pour une Europe démocratique, pour une Europe proche de ses citoyens.

Nos discussions se sont concentrées sur trois grands sujets : l’emploi et la croissance durable, la migration, la solidarité et la responsabilité et la sécurité.

Nous soulignons la nécessité de rechercher une croissance économique solide en mobilisant des investissements et en créant des emplois. Nous souhaitons mettre à profit toute la marge de manœuvre offerte actuellement par le cadre législatif européen afin de considérer certaines dépenses publiques comme des investissements exceptionnels, en effet nécessaires pour sortir de cette situation temporaire de crise. Nous n’en restons pas moins fidèles à la voie sur laquelle nous nous sommes engagés, celle de la stabilité et d’une gestion responsable des ressources publiques. L’éducation et l’innovation sont deux éléments essentiels que nous devons mettre en avant lors de la conception des programmes d’investissement. Notre objectif principal reste de créer des emplois pour tous. C’est nécessaire pour les générations futures, mais aussi pour mettre un coup d’arrêt à la montée de la démagogie populiste de nombreux mouvements et partis à travers l’Europe. Pour mettre fin aux inégalités sociales, nous continuerons à nous battre en faveur de sociétés plus équitables et d’économies plus fortes en luttant contre la fraude et l’évasion fiscales.

Nous, les partis sociaux-démocrates, démocrates et socialistes d’Europe, devons prendre l’initiative dans le traitement de la crise des réfugiés, la plus grave que nous ayons jamais connue. La solidarité et une répartition équitable des responsabilités ne devraient pas être de simples mots, mais des principes fermes guidant notre action. Nous devons surmonter les divisions et réaliser le plus tôt possible une mise en œuvre réelle et positive des accords conclus sur les quotas de répartition, les hotspots et l’aide financière afin de gérer la crise migratoire. Un mouvement politique progressiste ne peut répondre à la situation ni en construisant de nouveaux murs, ni en démantelant l’acquis de Schengen. Cela menacerait la liberté de mouvement en Europe et priverait l’Union de l’un de ses aspects les plus utiles et les plus emblématiques. Il est de toute première importance de mettre le respect de la dignité humaine en tête de notre programme. En réfléchissant aux moyens de gérer le nouvel afflux de personnes en quête de protection, nous devons proposer des politiques d’intégration efficaces pour celles qui ont le droit de rester dans nos pays.

Aucun pays ne peut faire face seul aux urgences de notre époque. C’est pourquoi nous reconnaissons que nous devons relever ensemble, avec un programme progressiste, les défis qui se posent à l’Europe. Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons rétablir la confiance dans le projet européen. Nous veillerons à ce que Schengen ne puisse pas être remis en cause et que les valeurs de l’UE de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, d’État de droit et de respect des droits de l’homme, y compris les droits des minorités, soient intégralement respectées.